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Rencontre avec Anna Angeli

Anna Angeli,

partage d'une expérience

TAM TAM

Propos recueillis par Anne Josse, pour le Muz

Maire adjointe en charge de l'Éducation, chef de projet de Écoles-Internet, Anna Angeli nous parle du projet TAM TAM piloté par la Ville du Pré-Saint-Gervais durant l'année scolaire 2009/2010, qui a engagé deux services de la ville, la Culture et l'Éducation, ainsi que de nombreux acteurs...

Anna, en quoi consiste être "ville TAM TAM" ?

A.A. : C'est donner la possibilité à des classes d'une ville de Seine-Saint-Denis de participer à l'élection nationale des prix TAM TAM attribués chaque année à des auteurs jeunesse par de jeunes lecteurs. Ces prix sont organisés par le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse en Seine-Saint-Denis et les revues de Bayard Jeunesse (J’aime lire, DLire et Je bouquine). Ils récompensent les meilleurs ouvrages pour la jeunesse sélectionnés dans plusieurs catégories : roman, BD, manga. Les enseignants choisissent d'y inscrire ou non leur classe. Le fait que 19 classes du Pré-Saint-Gervais aient voulu prendre part à ce vote a été pour nous un très bon point de départ ! Toutes les classes de CM1 et de CM2 et des classes de collège y ont participé, soit près de 500 élèves !

Nous ne pouvions imaginer conduire un tel projet sans concevoir un ensemble d'actions pour accompagner les élèves dans leur mission de "lecteur/électeur", sans leur donner à leur tour l'envie de créer, d'écrire et de lire. Ces actions ont aussi permis de faire connaître le projet au-delà des classes directement impliquées, et de faire du projet TAM TAM un projet de territoire, dans une ville qui fait de l'accès au livre une de ses priorités.

Pouvez-vous nous donner le détail de ces actions ?

A.A. J’invite les visiteurs du Muz à se rendre sur le site de la ville (www.villedupre.fr) pour y explorer les archives Tam Tam. Pour les résumer, on peut distinguer :

1) les actions menées auprès des classes directement impliquées : ateliers lecture à la bibliothèque de la ville ; visites organisées au Salon du Livre de Montreuil ; conception par les élèves d'un numéro spécial Les Z'échos des Z'écoles, consacré à la visite du Salon ; séances de lecture avec un comédien ; ateliers d'arts plastiques ;

2) les actions auprès des autres écoles, du centre de loisirs, et de l'ensemble de la population locale : elles ont eu lieu dans la deuxième phase du projet, la restitution des prix TAM TAM ;

3) une exposition dans l’enceinte de l’école et une campagne d'affichage dans les rues de la ville, entièrement conçue par les enfants.

Nous tenions à ce que le planning d'actions soit fixé au mois de juin pour un démarrage dès la rentrée scolaire. Notre ville devait battre au rythme du Tam Tam tout au long de l’année. Pour cela, il fallait alterner les moments forts et des espaces de réflexion et de création. Créer aussi le bouquet final avec la remise des livres-trophées, aujourd'hui exposés sur le Muz. Nous avons voulu privilégier la créativité, l’inventivité, l’émotion : une séance de lecture animée a même été organisée... dans la piscine municipale !

Tout cela demande de la mobilisation, mais représente aussi un budget !

A.A. : En effet. Même si les partenaires nous apportent une aide précieuse (par exemple, la prise en charge du comédien intervenant Alban Gerôme et l'organisation des visites au Salon ont été offertes par le SLPJ), un projet TAM TAM tel que nous l'avons imaginé nécessite des financements pour la mise en place d'ateliers artistiques, la location de cars pour les déplacements au Salon du Livre, l'achat de livres et de matériels d'arts plastiques et d'expositions.

Ce projet a eu lieu l'année dernière, pourquoi le présenter aujourd'hui sur le Muz ?

A.A. : TAM TAM version Pré-Saint-Gervais est effectivement terminé, mais ce dispositif est renouvelé chaque année, dans une autre ville. Il est donc toujours d'actualité. Le Muz nous permet de donner encore plus de visibilité à ce qui, de l'avis de tous les acteurs impliqués dans le projet - élèves, enseignants, bibliothécaires, élus et agents de la ville, conseillers pédagogiques, inspecteur de circonscription, artistes et partenaires privés - a été un vrai succès. Pas seulement en terme de restitution du projet, mais par des effets durables sur notre envie de travailler ensemble. Peut-être pourrions-nous imaginer de créer sur le Muz un espace TAM TAM qui servirait de vitrine et d'espace de partage d'expériences à toutes les villes participantes ? À tous ceux qui souhaiteraient vivre l'aventure TAM TAM, je tiens à souligner le travail remarquable de l'équipe du Salon du Livre et de sa représentante, Marion Colin, qui a accompagné de A à Z le projet de la ville, participant à chacune de nos réunions et aux différents événements créés pour l'occasion.

Quels sont concrètement ces effets que vous évoquez ?

A.A. : Un projet d'une telle ampleur, d'une telle richesse a besoin de compétences très diverses en animation d'ateliers avec les enfants, en logistique, en gestion de projet, en communication et bien sûr, en pédagogie... Il a besoin de ressources propres à la ville - je pense notamment au formidable travail des bibliothécaires et à celui de notre incontournable Gloria Massana qui est une artiste permanente de la ville -, mais aussi de ressources extérieures. Être “ville TAM TAM“ implique un travail de partenariat entre la ville, le Salon du Livre et l'Éducation Nationale. En ce sens, TAM TAM a été fortement mobilisateur, et cette mobilisation n’a cessé depuis. Très peu de temps après, un Comité de Pilotage s'est constitué au Pré-Saint-Gervais autour d'une réflexion commune sur les pratiques de lecture. De l'expérience TAM TAM est aussi né le désir de créer des espaces bibliothèque dans toutes les écoles élémentaires, et un prix littéraire local au Pré.

En plus du livre, vous êtes très investie dans le développement des usages de l'Internet à l'école...

A.A. : Je suis convaincue du rôle majeur de l'école dans l'accès à tous aux nouvelles technologies. C'est pourquoi j'ai rejoint le dispositif "Écoles-Internet", piloté par l’association Villes Internet. Je suis une adepte du numérique. À partir du moment où il fait désormais partie de notre quotidien, privé et professionnel, il doit aussi faire partie de la vie de l'école dans un souci d'égalité d'accès et de connaissance pour tous. Villes Internet encourage donc la formation des enseignants et le partage des bonnes pratiques pour faire d'Internet et de l'ordinateur non pas une contrainte, mais des outils au service des apprentissages. Nous pensons que l'école doit former à l'e.citoyenneté. Le numérique et l'objet livre de s'opposent pas ! Le numérique, c'est une chose, mais il faut continuer à s'appuyer sur la richesse du livre jeunesse et le travail de la lecture. Que toujours, l'enfant, quel qu'il soit, ait la possibilité d'avoir accès au livre. C'est la mission essentielle des bibliothèques.


Les liens pour en savoir plus :

http://www.villedupre.fr/education

http://www.villes-internet.net

http://www.ludovia.com/news-906.html

http://ecoles-internet.net/space/actu/content/ecoles-internet-sur-le-cafe-pedagogique_F16C092F-A708-4923-81C0-4E11A11EDF08